L’accord au sujet d’un filet d’eau entre les sieurs Duclos et Menu du 30 mai 1780 (3ème manuscrit)

 

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Marie-Claude BEAUJOUR

Fondatrice de La CHAI

(Information, recherche & décryptage d’anciens manuscrits)

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Il s’agit d’un conflit aux Antilles relatif à un petit canal qui part du Comté de Lohéac pour approvisionner le jardin potager du fief de Clugny.

Sieur Charles Guillaume Duclos avait acquis le Comté de Lohéac de la famille de Crapado, qui avait obtenu à Versailles auprès du Roi de France et de Navarre, sa création par une lettre patente du mois de juin 1710. 

Sa Majesté avait tenu à saluer et récompenser son cher et bien aimé Chevalier, Pierre François Gilbert de Crapado, dans l’armée du Royaume depuis plus de 20 ans. Blessé plusieurs fois à des postes différents, il avait passé les dix dernières années dans les troupes de l’île de l’Amérique en ayant donné des preuves de foi, de courage et de fidélité en toutes circonstances pendant la guerre, tout particulièrement, pour repousser la prise de la Guadeloupe par les Anglais en 1691 et 1703.

                           [Il fallait donner à ce valeureux impétrant les moyens de poursuivre ses services avec le même zèle et lui permettre de paraître en ces terres éloignées avec les titres et la disctinction convenables à sa naissance. Faisant valoir l'antiquité de sa race en considération des continuels services ayant été rendus depuis des temps immémoriaux par ceux de son nom. Sa lignée avait occupée maints postes importants. Son aïeul, Chevalier, avait été membre du Conseil d'Etat et du Conseil privé en la Cour de notre Parlement. Son trisaïeul, du côté maternel, sieur Gilles Bourdin, avait rempli les fonctions de Procureur général à la Cour royale, comme de l'ancienne Maison d'Angers, de Lohéac et de Crapado, dans la lignée de laquelle figuraient deux maréchaux, un amiral, et plusieurs officiers.

                             Ainsi l'origine du nom de fief  "Comté de Lohéac" situé dans les quartiers de Ste Rose à la Guadeloupe découle bien d'un transfert de dénomination de fief de l'hexagone vers la région de l'Outre-mer, au tout début du 18ème siècle.]

Borné du haut par les montagnes, de la mer par le bas, d’un côté par la rivière de la Ramée, et de l’autre par le cours d’eau à Madame ; ce domaine inféodé contenait un des fleurons de l’habitation sucrière, et sans qu’il en fut fait mystère à cette époque, cette entreprise avait également été décorée en vue de stimuler les autres habitants d’un territoire exotique où il restait tant de terres à défricher.

                            [Un habitant désigne le propriétaire d'une unité de production manufacturière que l'on appelle habitation. Il en existe plusieurs types, la plus répandue est la sucrerie. Ces entreprises se composent de bâtiments comprenant des outils de fabrication,  mais aussi des esclaves et des plantations. Le tout est juridiquement indivisible et insaisissable sous l'Ancien Régime pour favoriser le développement économique de ces exploitations agricoles.]

Ce sont les héritiers du Comte de Crapado qui cédèrent la seigneurie au sieur Charles Guillaume Duclos. Et, conformément au principe féodal, ce dernier prêta serment et se déclara homme sujet et vassal du Roi Louis XVI devant le Conseil Supérieur de la Guadeloupe, qui enregistra le 8 novembre 1775, sa foi et son hommage.

Parmi la descendance du 1er Comte de Crapado, sa fille, Claire Ode, allait se marier avec le Baron de Clugny, un Conseiller du Parlement de Dijon, venu se dépayser en ces lieux tropicaux. Perpétrant la tradition, ce dernier donna à la tenure concédée par sa suzeraine belle-famille, l’appellation de fief de sa localité d’origine continentale.

C’est ce second bien seigneurial, le fief de Clugny, échu dans le patrimoine de Mademoiselle de Montméa, qui fut vendu à Sieur Menu, après l’entrée de l’héritière dans l’ordre des Carmélites en métropole.

Prenez connaissance de l’acte ci-dessous, 

Vous constaterez que les règles de droit coutumier applicables en l’espèce font toujours offices de loi dans notre code civil actuel.

MCB

 

Archives nationales

Section outre-mer

Sieur Charles Guillaume Duclos, habitant, demeurant au quartier du Grand Cul-de-Sac, paroisse Ste Rose, et Sieur Jean Menu, habitant, demeurant au même quartier

Le premier, seigneur et propriétaire du Comté de Lohéac, et le second, du fief de Clugny relevant dudit Comté suivant leurs titres de propriété.

Lesquelles parties ont dit que le filet d’eau que le sieur Menu prend du canal dudit Comté de Lohéac qui est conduit par un autre canal pour l’usage du jardin potager dudit fief de Clugny d’où il se jette dans le canal du moulin du même fief, n’est point un droit qui lui soit acquis, mais que ce n’est qu’une jouissance précaire par la souffrance et tolérance des propriétaires dudit Comté de Lohéac, ce que le dit sieur Menu avoue et reconnaît ;

En conséquence, les dites parties sont convenues que la jouissance du dit filet d’eau en faveur de la terre de Clugny ne subsistera toujours que précairement tant qu’il plaira aux propriétaires du dit Comté sans qu’il puisse occasionner aucune espèce de préjudice pour raison de quoi le dit sieur Menu s’oblige de pratiquer une petite écluse en maçonnerie à l’endroit du canal du dit Comté où le dit filet d’eau prend son embouchure pour en avoir l’usage et la jouissance tant qu’il plaira au dit sieur Duclos ou à ses représentants,

Lequel sieur Menu ou ses représentants aussi seront obligés de boucher la dite écluse sitôt en seront requis de manière que les terres du dit Comté reçoivent par leur canal toute l’eau dont elles jouissaient et avaient droit de jouir avant que le dit filet d’eau dont il est dessus parlé en ait été tiré.

Le dit sieur Menu qui reconnait le droit du dit sieur Duclos ainsi qu’il est ci-devant expliqué, se croyant évincé pour l’usage du dit filet d’eau n’entend point que la reconnaissance qu’il fait puisse lui nuire, ni préjudicier dans la garantie qu’il est en droit d’exercer contre mademoiselle de Montméa, sa venderesse, attendu que dans la vente qu’elle lui a faite du dit fief de Cluny, par contrat du 10 septembre 1778, par maître Bidlet Jeune, notaire, y est compris un jardin potager avec un petit canal qui sert à arroser dont l’eau ne peut se prendre ailleurs que dans l’endroit ci-devant désigné, faisant le dit sieur Menu les réserves nécessaires à ce sujet, pour les faire valoir ainsi qu’il avisera,

Le tout ainsi convenu promettant, obligeant, renonçant, et fait et passé dans la maison et demeure du dit sieur Duclos, sur son habitation de la Moustique, située au dit quartier du Grand Cul-de-Sac, l’an mille sept cent quatre vingt et le trente du mois de mai, après-midi, en présence des sieur Pierre Leboyer et sieur Pierre Brocas, habitants, demeurant au dit quartier du Grand Cul-de-Sac, témoins requis et ont signés avec les parties et le notaire.

 

 

 

Le contrat de mariage du 6 novembre 1780

 

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Marie-Claude BEAUJOUR

Fondatrice de La CHAI

(Information, recherche & décryptage d’anciens manuscrits)

 

Après la présentation d’un premier manuscrit : l’acte d’affranchissement d’Isaac, en date du 23 octobre 1785, évoquant d’une part ses hauts faits d’arme et d’autre part le besoin impérieux de sécuriser le pays ; La Collection historique d’archivage informatique (La CHAI), vous dirige vers le quartier du Petit Cul-de-Sac, aux environs de Petit-Bourg, dans la demeure située sur l’habitation des parents de Demoiselle Anne Françoise Boyer de l’Etang, créole de son état et future épouse.

                                                                                                     [Les habitations coloniales au statut foncier dérogatoire sous l'Ancien Régime sont des unités de production manufacturière englobant des outils de fabrication, des plantations et des esclaves rattachés à l'exploitation constituant un tout juridiquement indivisible et insaisissable.]

Qui sont les Boyer de l’Etang ? Une branche de la famille Boyer, négociants huguenots originaires de la GIRONDE, ils prospèrent dans l’archipel guadeloupéen par des stratégies d’alliance matrimoniale : plusieurs unions avec les Gressier, les Poyen, des coreligionnaires, ainsi que par des relations d’affaires avec d’importants commissionnaires français. Leur conviction protestante les a incités à partir pour s’implanter dans l’île. Une relative discrétion aux Antilles leur garantit le plus souvent tolérance et tranquillité. Influents, ils parviendront à se maintenir en sauvant les apparences.

Chargées du développement économique des îles du Vent de l’Amérique, les autorités publiques locales voient d’un bon oeil l’activité commerciale qui découle des richesses produites par ce clan de colons industrieux et fortunés.

Leur présence sous les tropiques est saluée par une bonne part de l’élite blanche minoritaire qui souhaite limiter les inconvénients de l’isolement géographique.

Imaginons le tableau… En ce grand jour, les membres de la famille des mariés et amis sont rassemblés. D’un moment à l’autre, ils s’apprêteront à signer le contrat de mariage. Nous sommes le 26 novembre 1780.

Le moment est festif, des domestiques s’activent devant les nombreux convives. Nous trouvons Messire Jean-Baptiste de Poyen, Ecuyer, Coseigneur du Marquisat de Ste Marie, Commandant des dragons volontaires de la GUADELOUPE qui est le beau-frère de la fiancée, son épouse étant Dame Marie Anne Boyer de l’Etang.

                                                                                                      [Par une lettre patente de sa Majesté le Roi du mois de mars 1642, le domaine de Ste Marie est une terre établie en fief au lieu dit du quartier de la Capesterre à la GUADELOUPE. Erigé en Marquisat au mois d'avril 1661, Dame Marie Elisabeth Rochard de Champigny, Marquise de Ste Marie le vend quelques années plus tard aux époux Poyen qui en font l'acquisition avec toutes les qualités, dignités, tous privilèges, exemptions et droits honorifiques.]

Parmi ce beau monde, remarquons deux cousins de la future mariée que sont Messire Pierre Robert Gabriel Hurault de Ligny, Ecuyer, Ancien officier de la marine, et Maître Etienne Calmetz de Lestiez, Avocat au Parlement de Toulouse.

Du plus loin qu’ils puissent voir, des esclaves de plantation à l’extérieur observent la scène avec des yeux fascinés, envoutés par la chaleureuse ambiance qui change de l’habituelle austérité du lieu. C’est ce qui caractérise la venue des nombreux invités dans le salon des maître et maîtresse Boyer de l’Etang à la perspective des prochaines noces.

Quant à la petite Solitude, mulâtresse, âgée de 12 ans, elle suivra le nouveau foyer au service de sa jeune propriétaire pour respecter la volonté des parents donateurs Boyer de l’Etang, et bienfaiteurs de leur progéniture sur le point de convoler. Légalement, ils ont tous les pouvoirs sur la personne de Solitude qui en est parfaitement informée. Elle devra vivre dorénavant dans une nouvelle maison. Mais elle sait qu’elle ne sera pas seule. En effet, Quenet sera là, une autre esclave mulâtresse, que Demoiselle Anne Françoise Boyer de l’Etang avait déjà en sa possession.

Qui est l’heureux élu ? Oui, le fiancé ? Il se prénomme André Crane. Son accent et son style de vie pareils à tous ses compatriotes le distinguent aisément sur ces terres d’adoption. Un indice majeur : M. Alexandre Fitz Patrick Baron de la Haute OSSORY est l’un de ses témoins. Pour en savoir  plus je vous invite à lire l’acte qui suit.

MCB

 

ARCHIVES NATIONALES

SECTION OUTRE-MER

 

Contrat de mariage de M. André Crane avec Demoiselle Anne Françoise Boyer de l’Etang 

 

Par devant le Notaire Royal en l’île Guadeloupe en celle Grande-Terre et Dépendances soussigné, résidant à la ville de Pointe-à-Pitre, Paroisse St Pierre-St Paul de la dite île Grande-Terre, et en présence des témoins ci-après nommés,

Furent présents M. André Crane, négociant, natif de la ville de Ballinrobe, Comté de Mayo, Paroisse St Paul, en IRLANDE, fils de feu M. Jacques André Crane et de feue Dame Marguerite Quin, résidant en cette île Guadeloupe depuis dix huit années et à Petit-Bourg, quartier du Petit Cul-de-sac, Paroisse Notre Dame de Bon Port, naturalisé français, stipulant pour lui et en son nom d’une part.

M. Jean Jacques Boyer de l’Etang, Commandant dudit quartier et Bataillon du Petit Cul-de-Sac, et Dame Jeanne Françoise Gressier, son épouse, qu’il autorise à l’effet des présentes, demeurant au même quartier du Petit Cul-de-Sac, stipulant en cette partie pour demoiselle Anne Françoise Boyer de l’Etang, leur fille mineure, native de la Paroisse Ste Hyacinthe de la Capesterre, de son consentement d’autre part.

Lesquelles parties de l’avis et agrément de leurs parents et amis ci-après nommés, ont fait et passé les accords, conventions et stipulations de mariage qui suivent savoir que le dit Sieur Crane et la dite Demoiselle Boyer de l’Etang ont promis de se prendre en vrais et légitimes époux et leur mariage faire célébrer en face de notre mère la Sainte Eglise le plus vite faire que se pourra et qui sera avisé et délibéré entre-eux leurs dits parents et amis.

Pour être, comme en effet, seront les futurs époux, uns et communs en tous biens meubles et conquêts immeubles qu’ils auront et feront durant la dite communauté suivant et au désir de la Coutume de Paris, suivie en ces îles par laquelle les parties veulent et consentent que leur communauté et autres, leurs conventions de mariage soient régies et gouvernées encore qu’elles transferassent leur demeure ou fissent des acquisitions en des lieux et endroits où les lois et coutumes en disposent autrement auxquelles elles ont dérogé et renoncé, se soumettant à la dite Coutume de Paris, toutefois aux exceptions et réserves ci-après convenues et stipulées.

Ne seront point tenus des dettes l’un de l’autre créées avant le mariage qui seront payées et acquittées par celui d’entre-eux du chef duquel elle procèderont et sur ses biens sans que ceux de l’autre en soient tenus.

Se prennent les dits Sieur et Demoiselle futurs époux avec tous et un chacun, leurs biens et droits échus et à échoir.

Mes dits Sieur et Dame Boyer de l’Etang, la dite dame toujours autorisé dudit Sieur son époux, en faveur du mariage ont constitué en dot à la dite Demoiselle Boyer de l’Etang, leur fille en avancement d’hoirie à imputer sur ses droits moitié dans chaque succession la somme de cent mille livres ques les dits Sieur et Dame Boyer de l’Etang en la qualité solidaire de l’un pour l’autre et l’un d’eux seul pour le tout sans division ni discussion à quoi ils renoncent, ont promis de payer au dit Sieur Crane en quatre termes égaux de ving cinq mille livres chaque, dont le premier en sera que dans quatre ans de ce jour, le second une année après et ainsi d’année en année jusqu’au parfait paiement, qui seront faits en sucre comme argent sans intérêts jusqu’alors, si ce n’est à défaut de paiement qu’alors l’intérêt courra au taux de l’Ordonnance dès l’échéance de chaque terme sans que l’intérêt puisse retarder la demande du paiement principal ;

outre laquelle dot, les dits Sieur et Dame Boyer de l’Etang ont donné à leur fille, une mulâtresse, servante, appelée Solitude, âgée d’environ douze ans, estimée deux mille livres, 

……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………. 2 000 livres

 cette somme aussi à imputer sur ses droits dans leurs successions.

La dite demoiselle Boyer de l’Etang a, à elle, apporté une mulâtresse, appelée Quenet, âgée d’environ quinze ans, estimée à la somme de deux mille cinq cent livres

………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………2 500 livres

Ces estimations faites entre les parties, parents et amis, et remise a été faite au dit Sieur Crane des dits deux esclaves sont quittance.

Lesquelles cent mille livres de la dot et le montant des dits deux esclaves faisant en tout la somme de Cent quatre mille cinq cent livres.

Il a été convenu qu’elle entrera dans la dite communauté du consentement des dits Sieur et Dame Boyer de l’Etang, ensemble tout ce qui écherra dans la suite à la dite Demoiselle Boyer de l’Etang par successions, donations, legs, ou autrement de quelle manière que ce soit sans réserve, mobilisant à cet effet tous immeubles qui pourront lui échoir pour tenir nature de meubles pour entrer dans la dite communauté.

Le dit Sieur Crane met et apporte aussi dans la dite communauté tous ses biens meubles et immeubles échus et à échoir aussi par successions, donations, legs ou autrement, à l’exception toutefois de la somme de cent mille livres qu’il se réserve pour en disposer à sa volonté, en faveur de qui il trouvera bon, et lorsqu’il le jugera à propos, mobilisant tous immeubles qu’il possède et ceux qui pourront lui échoir pour tenir aussi nature de meubles à l’effet d’entrer dans la dite communauté, à l’exception des dites cent mille livres réservées.

Le dit Sieur futur époux a doué et doue la Demoiselle future épouse d’un douaire préfix de la somme de quarante mille livres à prendre sur le plus clair et apparent de ses biens des qu’il aura lieu pour en disposer en toute propriété et sans retour.

Le préciput sera égal et réciproque au survivant des futurs époux de la somme de vingt mille livres à prendre en effets de la communauté suivant la prisée de l’inventaire sans crue, ou la dite somme en argent, en outre deux domestiques valet et servante au choix du survivant, un cheval arnaché, la chambre garnie, des hardes et linges à l’usage du survivant,

Si c’est le futur époux qui survit, il aura encore ses armes et bagages de guerre, et si c’est la demoiselle future épouse, ses bagues et joyaux, sans estimation.

En cas de dissolution de communauté par mort ou autrement sera permis et loisible à la demoiselle future épouse et aux enfants qui naîtront du présent mariage d’accepter ou renoncer à la dite communauté, y renonçant de reprendre tout ce qu’elle y aura apporté lui sera advenu et échu même les douaire et préciput tels que dessus le tout quitte et exempt de toutes dettes charges et hypothèques de la communauté encore qu’elle y eut parlé s’y fut obligée ou y eut été condamnée en Justice, de tout quoi elle sera relevée acquittée et indemnisée par et sur les biens du futur époux pour raison de quoi, elle et ses enfants y auront hypothèque dès ce jour ainsi que pour toutes les autres clauses du contrat.

Les dits Sieur et Demoiselle futurs époux voulant se donner des témoignages réciproques de leur amitié, se sont faits et font l’un l’autre donation entre vifs irrévocable au nom des noces et au survivant d’eux, ce acceptant, et encore le dit Sieur Boyer de l’Etang, acceptant pour la dite Demoiselle sa fille mineure ; de tous et uns chacun les biens meubles et immeubles sans réserve qui sont entrés dans la communauté pour de tous les dits biens jouir par le survivant usufruitièrement sa vie durant à sa caution juratoire. Sans qu’il soit obligé d’en donner d’autre dont il sera déchargé à la charge par le survivant de faire faire bon et loyal inventaire et entretenir les biens comme tout usufruitier est obligé ; Cette donation ainsi faite au cas qu’il n’y ait point d’enfant vivant lors du décès du premier mourant car y en ayant elle demeurera de nul effet et valeur, si ce n’est que les enfants viendraient à décéder mineurs ou non pourvus par mariage auxquels cas la donation reprendra sa même force. Il n’est par conséquent point compris dans cette donnation usufruitière les cent mille livres que le dit Sieur Crane s’est réservé pour en disposer ainsi qu’il a été dit comme il trouvera à propos et en tels objets de ses biens qu’il trouvera bons.

Et pour faire insunuer ces présentes par tout ou besoin sera les parties ont constitué leur procureur le porteur d’une expédition de celle-ci auquel elles donnent pouvoir de ce faire et d’en requérir acte.

Toutes lesquelles clauses et confitions ont été convenues et arrêtées au traité du présent mariage dérogeant à la dite Coutume de Paris en ce qu’il y en aurait quelques une contraires, A peine et promettant et obligeant et renonçant et fait et passé dans la maison de demeure de mes dits Sieur et dame Boyer de l’Etang sur leur habitation située au dit quartier du Petit Cul-de-Sac. L’an mille sept cent quatre vingt et le six du mois de novembre du matin en présence comme dessus est dit des parents et amis des dits Sieur et Demoiselle futurs époux, savoir

De la part du dit Sieur Crane de M. Jean Valentin Quin, négociant, cousin germain

Dame Anne Renée Sergent, veuve de M. Jacques François Budan

M. Jacques Budan, Lieutenant de milice

Demoiselle Anne Louise Budan

Messire David Rémy de Bruny, Ecuyer, Lieutenant Colonel d’infanterie et Chevalier de l’Ordre Royal et militaire de St Louis

M. Guillaume Hart, Docteur en médecine et habitant, Dame Marie Catherine Vallet, son épouse

Maître Honoré Boyer, ancien Notaire Royal en cette île

M. Allexandre Fitz Patrick, Baron de la Haute Ossory

M. Jean Baptiste Baimbridge

M. Nicolas Neau

M. Thierry Frontin, ces quatre derniers habitants et M. Constant, négociant

Toutes les personnes ci-devant dénommés amis du dit Sieur futur époux.

Et de la part de la dite demoiselle Boyer de l’Etang, outre de mes dits sieur et dame, ses père te mère

de M. Jean André Henry Boyer de l’Etang, Lieutenant de dragons

M. François Moyse Boyer de l’Etang, Lieutenant de milice

Messire Jean Baptiste de Poyen, Ecuyer, Coseigneur du Marquisat de Ste Marie, Commandant des dragons volontaires de la Guadeloupe et Dame Marie Anne Boyer de l’Etang, son épouse, ses frères, beau-frère, et soeur

Messire Pierre Robert Gabriel Hurault de Ligny, Ecuyer, ancien Officier de la marine, cousin

M. Me Etienne Calmetz de Lestiez, Avocat au Parlement de Toulouse, cousin

Et Messire Louis Alexandre Fillassier de St Germain, Ecuyer, Capitaine commandant la Paroisse du Petit Cul-de-Sac, ami.

Toutes les dites personnes parents et amis demeurant séparément tant en cette île Guadeloupe qu’en celle Grande-Terre.

Et encore en présence de sieur François Mathieu Honton, marchand, demeurant au dit Petit-Bourg susdite Paroisse du Petit Cul-de-Sac et Sieur Jean Baptiste Bidau Lafargue, habitant, demeurant encore au susdit quartier du Petit Cul-de-Sac, Paroisse de Notre Dame de Bon Port, témoins requis qui ont signé avec les dites parties, parents et amis et le dit Notaire, tant la présente minute que la double.

L’affranchissement d’Isaac du 23 octobre 1785

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Marie-Claude BEAUJOUR

Fondatrice de La CHAI

(Information, recherche & décryptage d’anciens manuscrits)

  

Cet acte évoque d’une part les hauts faits d’arme d’un esclave et d’autre part le besoin impérieux de sécuriser le pays.

MCB

ARCHIVES DE FRANCE

    SECTION OUTRE-MER

 

 

A Mon seigneur, le Général et Intendant des îles françaises du Vent de l’Amérique

Supplie humblement Jean Renard de la Salle, habitant, à la petite Goyave,

Disant mon Seigneur que voulant récompenser le zèle et la fidélité de son esclave, nommé Isaac, âgé d’environ quarante cinq ans, et que sa reconnaissance ne peut moins être que par un bien tel que la liberté, le suppliant a l’honneur de recourir à votre autorité supérieure pour la lui procurer.

A ce qu’il vous plaise, mon Seigneur vu l’exposé ci-dessus permettre au suppliant d’affranchir son dit Nègre Isaac en le faisant servir dans le Bataillon des Gens de Couleur de la Capesterre et sur le rapport qu’il vous en sera fait de la bonne conduite et de son zèle à remplir son devoir, confirmer sa liberté en la manière accoutumée et faire justice ainsi ce que l’original.

Renard de la Salle.

Vu la Requête ci-dessus et ladite notifiée, ainsi qu’énoncée, il est permis au nommé Isaac, âgé d’environ quarante cinq ans, de servir dans la Compagnie des Gens de Couleur de la Capesterre pour ensuite avoir tel égard au bon témoignage qui nous seront rendus de sa bonne conduite et de son zèle pour le service et lui accorder la liberté qu’il demande à la Basse-Terre.

Guadeloupe, le 23 octobre 1785, signé le Comte de Nozières

 

   

 

« Première Unité pour la croissance »

 

« La Collection historique d’archivage informatique 

est le vibrant témoignage de notre force ancestrale« 

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             Marie-Claude BEAUJOUR

          Fondatrice de La CHAI

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« 2000 pages de manuscrits »

 

Mode opératoire

Décryptage, analyse, et saisie informatique

des données historiques.

Source archivistique

Les actes de Notaires installés en GUADELOUPE,

au 18ème siècle.

Valeur de l’action

Organisation fidèle et présentation synthéthique des informations.

Optimisation de la connaissance et de la compréhension des données.

Efficacité dans la recherche.

Localisation rapide d’un document historique.

Nature des approches du contenu

Lecture globale, linéaire.

Lecture ciblée, ponctuelle.

 

Blog de lancement avant ouverture prochaine du site officiel

La Collection historique d’archivage informatique

Siège : 34 rue de Normandie – 92400 COURBEVOIE

Numéro de siret : 521 142 604 00011

Un précieux trésor pour vous

« Une société est forte lorsqu’elle met la vérité en lumière »

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               Marie-Claude BEAUJOUR

                Fondatrice de La CHAI

                (Collection historique d’archivage informatique 

mcbeaujour@yahoo.fr

Bonjour, comment allez-vous ?

Pour vous, j’ai conçu un dispositif inédit d’information relatif aux documents historiques en vue de remédier à la récession et contribuer à l’amélioration des relations humaines contemporaines.

Depuis, une structure entrepreneuriale a été inaugurée afin de gérer cette gigantesque source de données ancestrales.  

Elle s’intitule : La collection historique d’archivage informatique.

C’est un regard pénétrant dans le passé de l’Humanité.

Aussi, je vous annonce la  »première Unité de la Collection pour la croissance ».  

Elle concerne tout d’abord un territoire tropical de l’Outre-mer français,  »un carrefour du Nouveau Monde ». Il s’agit de la GUADELOUPE au 18ème siècle. 

Imaginez un soleil radieux, une mer d’un bleu-émeraude, une végétation luxuriante sur une île couverte de fleurs et de cocotiers ; et, dans ce cadre géographique : la vie racontée de ce peuple de Pionniers cosmopolites duquel nous sommes les dignes descendants. 

Oui, j’ai choisi d’oeuvrer vers le partage universel de la connaissance d’anciens manuscrits de notre Patrimoine parce qu’ils recèlent des informations sur nous-même, encore inconnues. 

Partant de mon expérience, il était de mon devoir de mettre à votre disposition cet apport de références structurelles qui nous concerne tous individuellement, et collectivement.

Face aux différents blocages contextuels, la Collection historique d’archivage informatique a été conçue pour ressourcer nos consciences et insuffler une dynamique salutaire.

Grâce à son caractère innovant, elle offre un événement culturel enrichissant et émancipateur de notre réflexion sur l’évolution globale de nos conditions de vie. 

Elle puise de nos racines un puissant courant de lumière nécessaire au développement de notre civilisation.

Si c’est votre désir de bénéficier de ce service gratuit dédié au public, alors je vous invite à prendre part au lancement de cette prometteuse édification. 

Fraternellement vôtre.

MCB

 

                                                                         

                                                                          

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Finalités

 

 «  L’homme est comme l’arbre,

        plus ses racines sont profondes et plus il est solide »

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→  Remédier à la récession par le recul de l’ignorance

→ Activer une « nouvelle dimension » du réel 

→ Accéder à des informations inédites nous concernant 

→ Promouvoir notre patrimoine historique

 Favoriser le dialogue prophylactique interrégional

→ Rattraper  »l’immense retard » du traitement archivistique en ce domaine

→ Répondre aux problèmes d’identité individuelle et collective des populations

Honorer la mémoire des Aïeux

Contribuer au progrès des sciences humaines et sociales 

Inspirer l’activité artistique 

(littéraire, cinématographique, musicale… )

     

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Les différents modes de visualisation

« Un processus simple et innovant »

                    

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  → la lecture linéaire

(approche des documents dans leur ordre chronologique)

  → la recherche par mot

(possibilité d’entrée à l’infini)

  → la recherche par date

(jour, mois, et année)

 

 

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Une tradition familiale au service du public

Sa mère, martiniquaise, retraitée,

sa profession : cadre supérieure infirmière,

à l’hôpital Lariboisière,

co-conceptrice du Bloc opératoire d’Ophtalmologie.

Chevalier de la Légion d’honneur, Prix Grumbaum.

Son père, guadeloupéen, retraité,

sa profession : technicien dans les télécommunications,

recruté dans son île natale, en 1964, 

pour la construction inédite d’un réseau de câbles franciliens,

en vue de la démocratisation du téléphone fixe.

Mission accomplie.

 

Née à Paris,

  

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             Marie-Claude BEAUJOUR,

Une expertise en Sciences sociales

  Une juriste captivée par les causes justes

 

Inaugure une entreprise de gestion d’une base d’information historique inédite

Initie le lancement de « La demande des 10 000″ 

Invente « La Collection historique d’archivage informatique »

- Niveau doctorat de l’Université de Paris II

•Recherche : Les Archives des Notaires en GUADELOUPE au 18ème siècle

- Master en Histoire et Anthropologie juridiques

de l’Université de Paris X

•Etude : Les contrats de mariage dans les Archives d’une étude de Notaires en GUADELOUPE au 18ème siècle.

- Master en Sociologie du droit et des Relations sociales de l’Université de Paris II

•Rédaction d’un Guide en Droit social destiné aux Directeurs commerciaux d’un grand Groupe de la distribution.

•Etude : Les relations entre la fréquence des Lois nouvelles et les arrêts des Chambres civiles réunies et de l’Assemblée plénière de la Cour de Cassation de 1948 à nos jours.                                              

- Maîtrise en droit privé de l’Université de Paris II

- Bac Sciences économiques et sociales au Lycée Eugène Delacroix ( Drancy – Seine St-Denis)

Coconceptrice d’un spéctacle interculturel inédit pour l’ensemble du public lycéen d’Eugène Delacroix, responsable de la création et de la gestion de toute la partie « Caraïbe ». 

 

Ouverture prochaine du site officiel

La Collection historique d’archivage informatique

Siège : 34 rue de Normandie – 92400 COURBEVOIE

Numéro de siret : 521 142 604 00011

 

Les sources de la croissance

 

 « La sève provient des racines, pas des branches »

« Nous sommes des nains juchés sur des épaules de géants »

 

  skmbtnouveau4.jpgMarie-Claude BEAUJOUR

               Fondatrice de La CHAI

 

« Première Unité d’action pour la croissance »

 

 → Apporter des données d’information inconnues, causes de faiblesses dans les comportements et le rapport à autrui. Caractériser une multitude de zones d’ombre faisant défaut au discernement, et sources de non-sens.

→ Instaurer un nouveau champ lumineux de conscience par une dynamique de réflexion sur l’Histoire qui relève à la fois de l’individuel et du collectif.

→ Parvenir à l’énoncé de ces vérités ancestrales inédites pour procéder à un réajustement consécutif et favorable à la prise en charge efficace du réel. Trouver par cette approche enrichissante d’autres solutions pour surmonter les difficultés inhérentes à la vie en société.

→ Tirer les leçons du passé et valoriser l’expérience de ceux qui nous ont précédés. Manoeuvrer un levier de contrôle intelligent pour édifier le Monde à l’instar des Voeux déclaratifs d’Universalité des premiers Constitutionnels français.

→ Libérer l’énergie captée par le questionnement identitaire et la  confusion mentale. Mettre un terme aux situations de blocage observables, en amont, et permettre, en aval, l’émancipation culturelle du plus grand nombre. 

→ Tisser des liens intergénérationnels supplémentaires par la mise en place de cet outil pédagogique et parfaire les Fondements intériorisés d’un meilleur vivre ensemble. 

 

Blog de lancement avant ouverture prochaine du site officiel

La Collection historique d’archivage informatique 

Siège : 34 rue de Normandie – 92400 COURBEVOIE

Numéro de siret : 521 142 604 00011

 

Le financement

 

« Une société unie n’est pas une société sans différences,

mais une société sans frontières intérieures. »

 

 » UNE PLATEFORME   »

MECENAT - SOUSCRIPTION 

 skmbtnouveau4.jpg

 Marie-Claude BEAUJOUR

 Fondatrice de La CHAI

mcbeaujour@yahoo.fr

www.mcbeaujour.unblog.fr

 

 

Vous avez décidé de soutenir cette entreprise d’intérêt général et d’agir en sa faveur ?  

Sachez que la perception de votre contribution s’effectuera moyennant la contrepartie suivante :

→ La garantie de publicité illimitée de votre nom et/ ou celui de votre enseigne lesquels seront ainsi définitivement associés à l’Unité de la Collection présentée (sauf volonté d’anonymat). 

 La première unité de la Collection faisant l’actualité est la pièce introductive d’un vaste « puzzle ». C’est l’ébauche d’un immense tableau historique comprenant des centaines d’autres Unités.

→ Ce système de partenariat facilite l’émergence nécessaire de fonds, pour la mise en ligne à échéance régulière, de plusieurs Unités destinées à compléter la Collection historique d’archivage informatique. 

(voir mon intervention auprès de l’ensemble des Collectivités territoriales dans la catégorie « Etats généraux de l’Outre-mer »)

 

 

Blog de lancement avant ouverture du site officiel

La Collection historique d’archivage informatique

Siège : 34 rue de Normandie – 92400 COURBEVOIE

Numéro de siret : 521 142 604 00011